Douze, c’est département de l’Aveyron… et aussi un objectif : 12% de vélos au quotidien dans les villes Françaises ! Fixé par l’État, ce pari est déjà largement gagné dans beaucoup de grandes et moyennes villes qui ont fait le choix de favoriser la pratique du Vélo.

Concrètement, à Millau, vous êtes en moyenne 6,2% à faire du vélo quotidiennement. Bien moins visibles qu’une file de voitures, les déplacements en vélos se devaient d’être comptabilisés sérieusement. C’est pour cette raison que l’association In’VD a investi il y a un an dans des compteurs Telraam : ils comptabilisent de manière exhaustive (24h/24 – 7J/7)) piétons, cyclistes, voitures et camions. Encore loin des 12%, Millau progresse et de plus en plus d’habitantes et habitants se rendent au travail à vélo ! Le taux d’utilisateurs vélo étant directement lié au linéaire d’aménagements cyclables par habitant. Autrement dit, plus il y a d’infrastructures cyclables (pistes, voies, etc.), plus la part du vélo augmente.

À Millau, la ville est passée à 30km/h… et repasse désormais, en partie, à 50km/h. Rappelons que le 30km/h ne constitue en aucun cas un aménagement cyclable, surtout quand on connaît la réalité des vitesses pratiquées ! Les compteurs Telraam mesurent aussi l’indice européen dit V85, c-à-d la vitesse de 85% des usagers. Oui, 15% des usagers les plus rapides sont enlevés : pour ne pas comptabiliser les services de secours, urgences… et les chauffards qui ne respecteront jamais la réglementation. On obtient donc la vitesse réelle des Millavois et Millavoises et celle-ci, malgré le passage à 30, reste élevée :
-48,3 km/h avenue de Calès (Cabinet Médical des Ondes)
-40,8 km/h boulevard de l’Ayrolle (à proximité du passage piéton du PNR Grands Causses).
Le dernier compteur installé, boulevard de Soulobres, a enregistré en mai 2026 une V85 de 68,5 km/h. Un chiffre particulièrement élevé qui illustre les limites d’une simple modification réglementaire lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’aménagements adaptés. L’expérience démontre que la vitesse pratiquée dépend largement de la configuration de la voirie : plus une chaussée est large et continue, plus les automobilistes ont tendance à rouler vite, indépendamment de la limitation affichée. Cet axe, qui traverse plusieurs quartiers résidentiels du nord de Millau, dessert notamment le Lycée Jean-Vigo et l’hôpital. Lors de son réaménagement, la municipalité dirigée par Mme Gazel avait d’ailleurs modifié les priorités de circulation dans l’objectif de réduire les vitesses pratiquées. Les données recueillies aujourd’hui, donnent raison aux ressentis des habitants du quartier et montrent que des mesures complémentaires sont nécessaires. Depuis plusieurs années, In’VD plaide pour l’élaboration d’un véritable schéma directeur des mobilités, identifiant le boulevard de Soulobres comme un axe prioritaire pour le développement des déplacements à vélo. La création d’une piste cyclable sécurisée permettrait non seulement de favoriser les trajets des lycéens et des habitants du quartier, mais aussi de réduire la largeur de la chaussée, un levier reconnu pour apaiser la circulation. Dans un secteur résidentiel, cette évolution contribuerait à améliorer à la fois la sécurité routière et le partage de l’espace public.

Si le changement des comportements reste lent, il nous semble important de rappeler que 80% des Français ne se disent pas prêts à enfourcher un vélo au quotidien, par manque de sécurité (Baromètre Fub). Les bénéfices du vélo sont multiples et l’état ainsi que l’ADEME sont formels : il faut favoriser sa pratique pour la santé de tous, promouvoir le commerce de proximité et améliorer le confort dans les villes en expansion. Rappelons qu’à Millau, un cycliste est aussi un automobiliste. Cependant, si chacun fait sa part individuellement, la collectivité, et en particulier la Mairie, doit impulser un véritable changement structurel. Cela implique de faciliter le stationnement des habitants de la banlieue millavoise et des communes alentours, alors que les parkings des Hortes et de La Grave sont déjà saturés. Cela nécessite également de mettre en place une ville à 30 km/h réellement apaisée, en adaptant la chaussée pour obtenir des vitesses plus douces que celles constatées aujourd’hui. Enfin, un schéma directeur cyclable cohérent, traversant la commune sur ses axes principaux et assorti d’un calendrier précis, apparaît indispensable pour organiser durablement une mobilité plus sûre et plus efficace.
12% : objectif 2030 selon la Loi d’Orientation des Mobilités.
