Douze, c’est département de l’Aveyron… et aussi un objectif : 12% de vélos au quotidien dans les villes Françaises ! Fixé par l’État, ce pari est déjà largement gagné dans beaucoup de grandes et moyennes villes qui ont fait le choix de favoriser la pratique du Vélo.

Concrètement, à Millau, vous êtes en moyenne 6,2% à faire du vélo quotidiennement en 2025. Bien moins visibles qu’une file de voitures, les déplacements en vélos se devaient d’être comptabilisés sérieusement. C’est pour cette raison que l’association In’VD a investi il y a un an dans des compteurs Telraam : ils comptabilisent de manière exhaustive (24h/24 – 7J/7)) piétons, cyclistes, voitures et camions. Encore loin des 12%, Millau progresse et de plus en plus d’habitantes et habitants se rendent au travail à vélo ! Le taux d’utilisateurs vélo étant directement lié au linéaire d’aménagements cyclables par habitant. Autrement dit, plus il y a d’infrastructures cyclables (pistes, voies, etc.), plus la part du vélo augmente. À Millau, la ville est passée à 30km/h, mais cela ne constitue en aucun cas un aménagement cyclable… surtout quand on connaît la réalité des vitesses pratiquées !

Boitier Telraam : le boitier est disponible au prix de 199€ et permet de compter le nombre de véhicules, la part modale, ainsi que la V85. Les résultats sont disponibles sur telraam.net

Les compteurs Telraam mesurent aussi l’indice européen dit V85, c-à-d la vitesse de 85% des usagers. Oui, 15% des usagers les plus rapides sont enlevés : pour ne pas comptabiliser les services de secours, urgences… et les chauffards qui ne respecteront jamais la réglementation. On obtient donc la vitesse réelle des Millavois et Millavoises et celle-ci, malgré le passage à 30, reste élevée :
48,3 km/h avenue de Calès (Cabinet Médical des Ondes) ou encore 40,8 km/h boulevard de l’Ayrolle (à proximité du passage piéton du PNR Grands Causses).

Aucune image ou vidéo identifiable n’est enregistrée : le Telraam ne fait que comptabiliser des flux, pour un respect total de la vie privée.

Si le changement des comportements reste lent, il nous semble important de rappeler que 80% des Français ne se disent pas prêts à enfourcher un vélo au quotidien, par manque de sécurité (Baromètre Fub). Les bénéfices du vélo sont multiples et l’état ainsi que l’ADEME sont formels : il faut favoriser sa pratique pour la santé de tous, promouvoir le commerce de proximité et améliorer le confort dans les villes en expansion. Rappelons qu’à Millau, un cycliste est aussi un automobiliste. Cependant, si chacun fait sa part individuellement, la collectivité, et en particulier la Mairie, doit impulser un véritable changement structurel. Cela implique de faciliter le stationnement des habitants de la banlieue millavoise et des communes alentours, alors que les parkings des Hortes et de La Grave sont déjà saturés. Cela nécessite également de mettre en place une ville à 30 km/h réellement apaisée, en adaptant la chaussée pour obtenir des vitesses plus douces que celles constatées aujourd’hui. Enfin, un schéma directeur cyclable cohérent, traversant la commune sur ses axes principaux et assorti d’un calendrier précis, apparaît indispensable pour organiser durablement une mobilité plus sûre et plus efficace.

12% : objectif 2030 selon la Loi d’Orientation des Mobilités.